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Un aveugle peut-il montrer le chemin ? Et oui. L’Évangile nous présente deux aveugles comme des modèles de foi à suivre. L’aveugle ne peut pas lire mais il écoute attentivement. Dans le noir intérieur, il médite silencieusement ce qu’il entend.

Dans l’Évangile, deux aveugles ont entendu parler de Jésus. Ils connaissent aussi par leur écoute la Loi de Moïse, les Psaumes et les Prophètes. Ces deux aveugles non seulement appellent Jésus mais ils crient : « Fils de David, aie pitié de nous ! ». Le Messie devait naître de la descendance du roi David. Guidés par l’Esprit Saint, les aveugles reconnaissent en Jésus l’Envoyé du Père. Ils ont foi en sa miséricorde.

Les malades ne voient pas le monde comme les bien-portants. Un grand abyme sépare leur expérience et leur manière d’envisager la vie.

Pour les deux aveugles cités dans l’Évangile, Dieu n’est pas loin. Il n’est pas indifférent non plus envers leur malheur.

Jésus demeure présent dans l’insécurité, l’angoisse, la peur et la douleur.

Le contraire de la foi n’est pas à proprement parler l’athéisme mais la solitude. Chacun a peur de la solitude, de l’échec, de la prison et de la mort. La spécificité de la foi chrétienne apparaît dans la présence aimante de Jésus dans la maladie, l’injustice, l’échec et la mort. Tout au long de l’histoire de l’Église, les chrétiens ont témoigné de cette communion au Christ dans la persécution et la douleur. La foi chrétienne ne consiste pas à penser que Dieu existe. Par la foi, le chrétien contemple Jésus vivant et il s’unit à ses souffrances dans l’espérance de partager sa gloire. Nous comprenons alors le grand nombre de témoignages de ces baptisés, qui nous partagent leur expérience heureuse de communion avec Dieu dans des circonstances où tout ferait penser au vide et à l’absurde. Des malades témoignent des grâces reçues dans la maladie. Des personnes détenues témoignent des grâces vécues dans le froid des cellules de prison. Le père Pedro Arrupe (†1991), ancien Général de la Compagnie de Jésus, se souvenait des journées passées injustement dans une prison japonaise, cœur à cœur avec Jésus, en le contemplant dans sa Passion, à Gethsémani, dans sa garde à vue dans la maison du grand-prêtre, flagellé, abandonné, insulté, couronné d’épines, crucifié. Le père Arrupe considérait ces jours de tristesse humaine comme de grands moments de sa vie mystique : « Il n’y avait rien dans ma cellule de prison ; j’étais seul avec le Christ[1] ». Là où le mal avait abondé, la grâce avait surabondé. 

La Parole de Dieu engendre la foi. Le chrétien découvre alors son identité de fils de Dieu et de frère de Jésus. La Parole de Dieu révèle le mystère de la Trinité et elle révèle aussi l’homme à lui-même : « Le mystère de l’homme ne s’éclaire qu’à la lumière de Jésus » (Concile Vatican II. Gaudium et spes n° 22). Le christianisme ne fait pas partie des religions du livre, même s’il vénère les Saintes Écritures. Le Verbe fait chair est vivant. Le texte des bibles devient vivant par l’Esprit de Jésus ressuscité. Sans la grâce intérieure de l’Esprit Saint répandue dans le cœur des croyants, les enseignements des textes bibliques n’apporteraient pas la connaissance ni la vie de Dieu[2].

Prière : « Seigneur Jésus, Fils de David, aie pitié de moi, pécheur ! »

 [1] Pedro Miguel LAMET, Arrupe, una explosión en la Iglesia, Madrid, ediciones Temas de hoy, 1990. P.158.

[2] Cf. Enzo Bianchi, « Prier la Parole », in Précis de théologie pratique. Deuxième édition augmentée, Bruxelles, Lumen vitae, 2007, p. 379.

Vendredi de la première semaine de l’avent – 06 décembre 2019 – Frère Manuel Rivero, Op.

 

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