Prédication disponible en format audio.

« Avant la fête de la Pâque,

             Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père,

             ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin ». (Jn. 13,1)

             Avant de mourir,

            Jésus va laver les pieds de ces disciples pour leur montrer à quel point il les aime, il nous aime. C’est un amour sans limite et sans frontière. Il n’y a pas de mur entre Jésus et nous.

Et aujourd’hui encore, d’autres Jésus se lèvent pour se mettre au service de leurs frères pour leur faire du bien, à l’exemple de Frère Luc qui faisait partie des sept moines trappistes Français enlevés dans la nuit du 26 au 27 Mars 1996.

            Le 23 mai, le GIA annonce « avoir tranché la gorge » des otages deux jours auparavant.

            « Que votre cœur cesse de troubler ! dit Jésus ;  Croyez en Dieu, croyez aussi en moi »

        (Jn 14,1)

            La voix cachée des moines de Tibhirine a résonné silencieusement pendant plus de cinquante ans pour Annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

            Le témoignage des moines, comme celui de tout croyant chrétien, ne peut être compris et considéré que comme une prolongation du témoignage du Christ lui-même, qui est Lumière venant en ce monde pour éclairer tout homme (Jn 1,9)

            Ainsi, la vie des hommes qui suivent Jésus doit manifester, sans ambiguïté aucune, la gratuité divine de la Bonne nouvelle de l’Evangile que nous désirons vivre : Oui, une vie donnée, engagée, partagée, offerte, mais jamais perdue ; on la retrouve en Celui qui est la Vie et qui donne la Vie.

            Méditons avec le « Testament Spirituel » de Frère Luc, qui était le médecin de  cette Communauté de Tibhirine.

            « Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi,

            Celui-là la sauvera »  (Mt 8,35).

« L’objectif de cette sentence est de « sauver sa vie » : Dieu veut pour nous « la vie ».

            « Sauver sa vie », c’est l’insérer à sa juste place ; notre problème est d’être justement situés, c’est-à-dire reliés. Ce qui nous fait vivre, c’est la Relation.

            Nous ne pouvons trouver en nous-mêmes ce qu’il nous faut pour vivre ; la mort est la cessation de toute relations.

            La Foi nous dit que l’issue est la relation avec Dieu, relation qui reçoit la promesse d’être indestructible si nous le voulons. Le soleil de notre vie se définit comme sortie de soi, car rester en soi équivaut à demeurer dans l’orbite du mortel. Vouloir « sauver sa vie » serait alors se prendre pour centre, et c’est cela « se perdre »… La solitude du grain, c’est la mort… Dilemme de la vie chrétienne : la peur ou la Foi.

            C’est la Foi qui sauve, non la peur. La Foi consiste à donner sa confiance à quelqu’un ou quelque chose qui nous est extérieur. « Risquer sa vie » n’a aucune valeur.

 « A cause de moi », perdre sa vie pour le Christ signifie « donner sa vie par amour ».

            Le salut nous vient des autres qui sont pour nous la Présence de Dieu appelant à la vie. Si la Foi sauve, c’est parce qu’elle détourne notre regard vers un autre, donc crée une relation qui nous arrache à notre solitude mortelle.

            Chaque fois que nous quittons le souci de nous-mêmes pour le souci d’un autre, nous vivons cette Foi, qui est, peut-être à notre insu, Foi en Dieu : « perdre sa vie pour le Christ »

            Recevant la vie des autres, nous retrouvons notre vérité originelle : nous ne nous sommes pas donnés notre vie ; vouloir l’épargner nous met en contradiction avec notre création et notre Créateur. Si on veut être heureux, on va alors droit à la déception, au malheur.

            « Si tu veux être heureux, rends quelqu’un heureux. »

            L’échange de notre part est seulement le don. Le retour du don ne dépend pas de nous et c’est là que se joue la Foi, le saut dans le vide.

            Il ne s’agit pas de croire que l’autre va nous rendre, que nous aurons une récompense, ce serait vouloir sauver sa vie. Si l’autre ne répond pas, aucune importance, c’est dans l’acte même de donner que nous trouvons « La Vie ».

            Perdre sa vie : Le Christ n’existe pas pour lui-même et c’est pour cela que nous trouvons notre salut en existant pour lui ; c’est-à-dire pour ses frères qui sont aussi les nôtres. »

            Alors, laissons-nous désinstaller et enrichir par l’existence de l’autre quel qu’il soit. Restons ouverts, perméables à toute voix qui nous interpelle.

            Faisons le choix de l’amour, du pardon et de la communion contre toutes formes de haine, de vengeance et de violence.

            Croyons sans fléchir au désir profond de paix qui réside au fond de tout cœur humain.

Les sept frères de Tibhirine, Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul, sont devenus aujourd’hui les porte-parole de tant de voix étouffées et de tant d’inconnus qui ont donné leur vie pour un monde plus humain.

Bonne Méditation à tous.

Mercredi 17 avril 2019 – Noëline Fournier, laïc.

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