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Le service de la paternité. 

 « D’après les textes Évangéliques », écrit Jean Paul II, « le mariage de Marie est le fondement juridique de la paternité de Joseph. C’est pour assurer une présence paternelle auprès de Jésus que Dieu choisit Joseph comme époux de Marie. Il s’ensuit que la paternité de Josephrelation qui le place le plus près du Christ – ,  passe par le mariage avec Marie, c’est-à-dire par la Famille. « Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a appelé selon son dessein » (Rm 8,28).

Tout en affirmant clairement que Jésus a été conçu par le fait de l’Esprit Saint et que dans ce mariage la virginité a été préservée (Mt 1,18-25 ; Lc 1,26-38), les Évangélistes appellent Joseph l’époux de Marie et Marie l’épouse de Joseph (Mt 1,16-24) : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l’on appelle Christ. »

Pour l’Église aussi, s’il est important de proclamer la conception virginale de Jésus, » nous dit le Pape Jean Paul II, « il est non moins important de défendre le mariage de Marie avec Joseph car, juridiquement, c’est de lui que dépend la paternité de Joseph. On comprend alors pourquoi les générations ont été énumérées selon la généalogie de Joseph :

« Pourquoi ! –  se demande Saint Augustin – n’auraient-elle pas dû être celles de Saint Joseph ? Joseph n’était-il pas l’époux de Marie ? (….)

L’Écriture affirme, par la voix autorisée de l’Ange, qu’il était son époux. « Ne crains pas », dit-il, « de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. »

Il reçoit l’ordre de donner à l’enfant son nom, bien qu’il ne soit pas de lui.  « Elle enfantera un fils », dit-il, « auquel tu donneras le nom de Jésus. »

L’Ecriture sait bien que  Jésus n’est pas né de Joseph, puisque, alors qu’il était préoccupé au sujet de l’origine de la maternité de Marie, il lui est dit : « Cela vient de l’Esprit Saint. »

Et pourtant, l’autorité paternelle ne lui est pas enlevée puisqu’il lui est ordonné de donner à l’enfant son nom.

Enfin, la Vierge Marie elle-même, qui a bien conscience de ne pas avoir conçu le Christ par l’union conjugale avec lui, l’appelle cependant ‘père’ du Christ.

Le fils de Marie est aussi fils de Joseph en vertu du lien matrimonial qui les unit :

« En raison de ce mariage fidèle, ils méritèrent tous les deux d’être appelée sa mère, mais lui aussi, d’être appelé son père, de même qu’époux de sa mère, car il était l’un et l’autre par l’Esprit et non par la chair. »

Dans ce mariage, il ne manqua rien de ce qui était nécessaire pour le constituer :

En ces père et mère du Christ se sont réalisés tous les biens du mariage : la progéniture, la fidélité, le sacrement.

Nous connaissons la progéniture qui est le Seigneur Jésus lui-même ;

la fidélité, car il n’y a aucun adultère ;

le sacrement, car il n’y a aucun divorce.

 

            Au point culminant de l’histoire du salut, quand Dieu révèle son amour pour l’humanité par le don du Verbe, c’est précisément le mariage de Marie et de Joseph qui réalise en pleine « liberté »  le « don gratuit de soi » en accueillant et en exprimant un tel amour.

            Et voici qu’au seuil du Nouveau Testament comme à l’entrée de l’Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Eve fut la source du mal qui a déferlé sur le monde, celui de Joseph et Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre.

            Le Sauveur a commencé l’œuvre du salut par cette union virginale et sainte où se manifeste sa toute-puissante volonté de purifier et sanctifier la famille, ce sanctuaire de l’amour et ce berceau de vie ».

            Que d’enseignements en découlent aujourd’hui pour la famille !

            Puisque, « en définitive, l’essence de la famille et de ses devoirs sont définis par l’amour » et que « la famille reçoit la mission de garder, de révéler et de communiquer l’amour, reflet vivant et participation réelle de l’amour de Dieu pour l’humanité et de l’amour du Christ Seigneur pour l’Église son Épouse », c’est dans la Sainte Famille, cette « Église en miniature » par excellence, que toutes les familles chrétiennes doivent trouver leur reflet.

            Saint Joseph a été appelé par Dieu à servir directement la personne et la mission de Jésus en exerçant sa paternité : c’est bien de cette manière qu’il coopère dans la plénitude du temps au grand mystère de la Rédemption et qu’il est véritablement « ministre du salut ».

            La liturgie rappelle qu’ « à Saint Joseph a été confié la garde des mystères du salut à l’aube des temps nouveaux », et elle précise qu’ « il fut le serviteur fidèle et prudent à qui Dieu confia la Sainte Famille pour qu’il veille comme un père sur son Fils Unique ». D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’il lui obéissait et qu’il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.

            Il serait inconcevable qu’à une tâche aussi élevée ne correspondent pas les qualités voulues pour bien l’accomplir. Il convient donc de reconnaître que Joseph eut à l’égard de Jésus, « par un don spécial du ciel, tout l’amour naturel, toute l’affectueuse sollicitude que peut connaître un cœur de père ».

            En même temps que la puissance paternelle sur Jésus, Dieu a aussi accordé à Joseph l’amour correspondant, cet amour qui a sa source dans le Père, « de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom » (Ep 3,15).

          Marie est l’humble Servante du Seigneur, préparée de toute éternité à la mission d’être Mère de Dieu.

 Joseph est celui que Dieu a choisi pour être « l’ordonnateur de la naissance du Seigneur », celui qui a la charge de pourvoir à l’entrée « dans l’ordre » du Fils de Dieu dans le monde, en respectant les dispositions divines et les lois humaines. Toute la vie « privée » ou « cachée » de Jésus est confiée à sa garde.

Depuis lors, l’Église, implore la protection de Joseph « par l’affection qui l’a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu » et elle lui confie tous ses soucis, en raison notamment des menaces qui pèsent sur la famille humaine.

Aujourd’hui encore, nous avons de nombreux motifs pour prier de la même manière :

« Préserve-nous, ô Père très aimant,

de toute souillure d’erreur et de corruption… ;

sois-nous propice et assiste-nous du haut du Ciel,

dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres… ;

Et de même que tu as arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort,

défends aujourd’hui la Sainte Église de Dieu

 des embûches de l’ennemi et de toute adversité.

Que Saint Joseph obtienne à l’Église et au monde,

comme à chacun de nous, la bénédiction du Père et du Fils et du Saint Esprit.

AMEN ! »

Méditation du Vendredi 19 mars 2021 – Noëline Fournier Laïc

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